Une Seule Santé

Zoonoses Prioritaires

Maladies transmissibles entre l'animal et l'homme : identification, prévention et riposte.

Côte d'Ivoire : Profil du pays

La Côte d'Ivoire est un pays situé sur la côte de l'Afrique de l'Ouest avec une population de 29 389 millions d'habitants. Dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement Sanitaire International (RSI), la Côte d'Ivoire a adhéré au Programme de Sécurité Sanitaire Mondiale (GHSA). GHSA est une initiative multisectorielle qui vise à renforcer la capacité du pays à prévenir, détecter et répondre aux menaces sanitaires, que ces menaces soient d'origine animale, humaine ou environnementale, à travers l'approche « Une Seule Santé ».

A travers cette initiative, le gouvernement de Côte d'Ivoire a identifié cinq groupes de maladies prioritaires à potentiel épidémique ou maladies zoonotiques prioritaires (MZP). Sous la direction du groupe de travail technique sur la communication des risques, les parties prenantes de Une Seule Santé ont élaboré une stratégie de communication nationale pour permettre aux populations de prendre les décisions appropriées face à ces menaces sanitaires.

Maladies zoonotiques prioritaires

Maladies dues à Mycobacterium

Espèces du genre Mycobacterium - Ces agents pathogènes appartiennent au genre Mycobacterium des actinomycètes. Ils peuvent provoquer la tuberculose, une maladie pulmonaire qui peut également affecter d’autres parties du corps. Il existe deux espèces, le Mycobacterium bovis et le Mycobacterium tuberculosis, qui sont incluses dans ce groupe. La tuberculose bovine, causée par l’agent M. bovis, est plus traditionnellement considérée comme un agent pathogène zoonotique.

En Afrique, l’infection au M. bovis est presque deux fois plus courante que dans le reste du monde (Muller, 2013). En Côte d’Ivoire une prévalence de 4% a été notifiée sur les bovins (abattoir Port Bouet 2008 FAO-CI). Il pourrait cependant ne pas s’agir de la seule souche zoonotique, car l’agent pathogène M. tuberculosis, une espèce qui n’est pas fréquemment observée chez les animaux, a été isolé auprès de chimpanzés sauvages en Côte d’Ivoire (Coscolla, 2013).

Maladies dues à Brucella

Ces agents pathogènes,qui sont des coques intracellulaires à gram négatif, a ppartiennent au genre Brucella. Ces espèces sont souvent associées à un hôte animal particulier ;

cependant, de nombreuses espèces de Brucella peuvent causer des maladies chez les humains. Chez les êtres humains, la brucellose peut causer une fièvre ondulante

accompagnée de maux de tête, de faiblesse et de fatigue. Chez le bétail, l’infection aux espèces du genre Brucella peut avoir un impact négatif sur la fertilité et la production, et par conséquent sur le commerce international. La transmission des animaux aux êtres humains peut avoir lieu par ingestion de produits laitiers ou carnés contaminés, ainsi que par exposition directe à des animaux ou à des produits animaux infectés. En Côte d’Ivoire, la prévalence chez le bétail est la plus élevée dans les régions pastorales et agro-pastorales du nord, où la prévalence chez le bétail est estimée à 4,8 % (Kanoute, 2016).

Rage

La rage est une maladie mortelle causée par un Lyssavirus. Le virus se transmet principalement par la morsure d’un animal infecté. Si l’on estime que 59 000 personnes meurent de la rage chaque année dans le monde (Ali, 2015), on soupçonne une sous-notification en Côte d’Ivoire (Dodet, 2009). L’administration rapide d’un traitement prophylactique post-exposition peut aider à prévenir le développement de la maladie ; cependant, dans les pays en voie de développement comme la Côte d’Ivoire, si un traitement adéquat n’est pas administré après l’exposition, tous les cas deviennent mortels une fois que les symptômes se déclarent.

Fièvres hémorragiques virales (FHV)

Ce groupe de maladies est causé par plusieurs virus et peut s’accompagner de symptômes graves allant jusqu’à la mort chez les humains et les animaux. Les FHV sont causées par les virus ARN des 5 familles de virus suivantes : Arenaviridae, Filoviridae, Bunyaviridae, Flaviviridae et Rhabdoviridae. Les FHV comprennent le virus Ebola, le virus de Marburg, le virus Lassa et la fièvre hémorragique de Congo Crimée, entre autres. Du point de vue clinique, ces maladies se caractérisent par de la fièvre et des troubles de la coagulation qui, dans certains cas, peuvent mener à un choc et au décès. Le traitement de ces maladies se résume principalement à des soins de soutien. Bien que la Côte d’Ivoire ait été épargnée par l’épidémie proche de virus Ebola en 2014-2015, en 1994 un écologiste a été exposé au virus Ebola en Côte d’Ivoire par l’exposition à un chimpanzé infecté (Formenty, 1999).

Arbovirus

Les vecteurs des maladies de ce groupe sont des insectes. D’un point de vue taxonomique, ces agents pathogènes peuvent être issus d’une des familles de virus suivantes : Bunyaviridae, Flaviviridae, Reoviridae, et Togoviridae. D’un point de vue clinique, les arbovirus peuvent causer un large éventail de signes et de symptômes selon le virus concerné ; cependant, ils sont souvent associés à de la fièvre, des malaises et, dans certains cas, à des encéphalites. Certains arbovirus causent des morts massives chez les animaux, tels que le virus de la fièvre de la vallée du Rift, et d’autres peuvent causer une morbidité et une mortalité importantes parmi les populations humaines, tels que les virus de la fièvre jaune et de la dengue. Le contrôle des vecteurs est une stratégie de contrôle courante ; cependant, des vaccins ont été également développés pour certains arbovirus.

Les Virus Respiratoires : Virus de la grippe aviaire hautement pathogène, coronavirus SARS CoV et MERS CoV

Ces virus sont à l’origine de graves symptômes respiratoires à potentiel pandémique. La grippe aviaire hautement pathogénique est une maladie des oiseaux, tant de la volaille que des oiseaux sauvages ; cependant, la transmission à l’homme peut avoir lieu par exposition directe ou par la contamination de l’environnement. La transmission interhumaine

de la grippe aviaire est possible mais rare. Si elle avait lieu, ce type de transmission pourrait causer une épidémie respiratoire grave et dévastatrice à potentiel pandémique. La grippe aviaire est observée en Afrique de l’Ouest chez les volailles, et notamment en Côte d’Ivoire (Asante, 2015). Le syndrome respiratoire aigu sévère (SARS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (SRMO) sont tous deux des coronavirus qui ont des origines animales mais qui ont également un grand potentiel de transmission interhumaine. Le traitement de toutes ces maladies se résume généralement à des soins de soutien, mais la grippe aviaire peut cependant être traitée à l’oseltamivir (Tamiflu™).

Pour plus de détails, consultez la stratégie nationale de communication pour les risques liés aux cinq groupes de zoonoses prioritaires en Côte d'Ivoire (2019-2022).